La scolarité d’Emma par SMS

Ça fait un petit bout de temps que mon père reçoit des SMS, principalement du numéro 8850, l’informant de la scolarité d’Emma (prénom d’emprunt) :

  • Emma n’était pas présente au cours ce mardi 3/12 à la 2è heure

  • Votre enfant sera libéré à 11h50

  • Veuillez vous acquitter du paiement des photocopies EUR 65

  • Suite au conseil de classe, le titulaire de classe souhaite vous rencontrer

  • Emma n’était pas présente au cours ce mercredi 4/12 aux 3è et 4è heures

  • Emma n’était pas présente au cours ce jeudi 5/12 à la 2è heure

Et un beau petit paquet dans le même genre.

Il connait ainsi le nom de l’Athénée (en abrégé, ce qui laisse 5-6 possibilités), un numéro de compte bancaire (qui permettrait de déterminer de quelle école il s’agit), le prénom de l’élève, le défaut de paiement des parents, les jours et heures à laquelle les cours s’arrêtent plus tôt, la tendance d’Emma à brosser les cours en nette aggravation depuis la réunion des parents et suite au conseil de classe (peut-être le feedback qu’elle a reçu l’a mise en décrochage).

Je suppose que le terme "libération" n’implique pas qu’Emma était réellement prisonnière et qu’elle aurait été recapturée par des malfaiteurs, et que je ne dois pas contacter Child Focus.

Ce qui est certain, c’est que par imprudence, des infos de plus en plus précises sur sa vie privée et sa scolarité sont fuitées à répétition par son établissement scolaire pourtant prompt à la rappeler à l’ordre. La paille et la poutre.

Le numéro 8850, c’est un mix de SMS pour vous rappeler vos rendez-vous chez le médecin, pour permuter vos pneus, pour vous spammer, récemment pour une possible arnaque au rappel de paiement. Et aussi pour vous informer des couacs de la scolarité de votre enfant semble-t-il, ou de l’enfant de quelqu’un d’autre. Un même numéro pour tout. Le bordel IT dans lequel on vit, dans toute sa splendeur.

Si vous bloquez le numéro, vous perdez un service potentiellement utile. Si vous ne le bloquez pas, la vie scolaire d’Emma continuera à défiler sous vos yeux, sans que vous puissiez y mettre un terme à moins de vous y plonger tel un stalker pour tenter de retrouver ce foutu établissement.

Sur le site de l’IBPT, il est dit de contacter votre opérateur en cas de problème avec un tel numéro. En l’occurrence, Proximus, qui répond sans surprise : "on ne peut rien faire". Emma est très probablement mineure d’âge et a droit à une protection accrue. Mais ce n’est pas du ressort de Proximus.

Emma, tel est le cirque médiocre dans lequel tu grandis. Bonne chance à toi et à tous les autres.

 Pourquoi la programmation fonctionnelle n’est-elle pas la norme?

Le genre de talk que j’adore, car il mêle programmation et histoire et offre un recul dont on manque souvent cruellement.

Il semble que si la programmation fonctionnelle n’est pas plus répandue que cela, c’est à cause d’un mélange de successions d’évènements inévitables mêlés à des coups du hasard. L’appellation "orienté objet" elle-même n’est pas anodine…​

Richard Feldman liste, comme causes principales de la dominations des langages orientés objets (O.O.) :

  1. Les killer apps (Ruby on Rails pour Ruby)

  2. L'exclusivité de la plateforme (Objective C, Swift, JavaScript)

  3. La possibilité de transitioner facilement depuis un langage populaire (C++, Kotlin, TypeScript)

L’auteur retrace ce qui a mené au paysage actuel fait de JS/typescript, ObjectiveC/Swift, C/C++, C# et Java principalement.

Mais il omet peut-être aussi de noter :

  • La plupart des langages sont des blue collar languages, acceptant une hybridation plus ou moins forte entre les paradigmes, et ne se soucient pas trop d’un forme de "pureté" souvent plus marquée dans les langages fonctionnels;

  • Les GUI des années 1980-1990. Le mécanisme d’héritage O.O. pour des composants techniques type widgets est vachement pratique (Delphi, PowerBuilder), même s’il est à déconseiller en général (Effective Java, item 16, et il existe un concensus dans d’autres langages).

Et de conclure que peut-être, l’heure des langages fonctionnels n’est-elle tout simplement pas encore venue.

 Elon Musk - interview par Lex Fridman

Résumé d’une longue et passionante interview d’Elon Musk par Lex Fridman au sujet de Tesla, de la conduite autonome et de l’IA.

La conduite autonome se nourrit de données. Grâce à ses véhicules en circulation avec la fonction AutoPilot d’aide à la conduite, Testla collecte la quasi totalité des données disponibles. Le matériel installé sur les voitures est déjà apte à la conduite autonome. Le logiciel doit par contre encore progresser. Le coût des mises à jour est marginal - les propriétaires de Tesla bénéficient déjà d’améliorations régulières de l’AutoPilot. Chaque fois que l’AutoPilot ne parvient pas à gérer la situation et rend la main au conducteur est une occasion de l’améliorer.

La supervision de la conduite par un humain sera rapidement sans pertinence à partir du moment où la machine conduira mieux qu’un humain. "Mieux" s’entend par rapport aux nombre d’accidents, de blessés et de décès. La question reste ouverte mais Elon cite un seuil de 200% d’amélioration à partir duquel il vaut mieux laisser la voiture conduire elle-même, et où laisser un humain intervenir devient même contre-productif.

Elon compare cela à la fonction d’opérateur d’ascenseur. Aujourd’hui, personne ne songerait confier cette tâche à un opérateur humain qui actionnerait un levier pour commander l’ascenseur comme c’était le cas autrefois. Confier cette tâche à une machine est moins dangereux.

Un jour, on trouvera incongru de laisser tout un chacun se déplacer dans un engin de 2 tonnes comme bon lui semble.

Les recherches actuelles nous mèneront-elles vers une "intelligence générale"? La question reste ouverte. Créera-t-on une IA capable de sentiments? Cela pose la question des sentiments : sont-ils distinct d’un processus physique?

Enfin, quand on lui demande quelle question il poserait si le monde dans lequel nous vivons était une simulation, il répond : "Qu’y a-t-il en dehors de la simulation?".


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